—Schumacker, dit le président d’un ton où l’on sentait l’accent de la colère concentrée, épargnez les moments du tribunal.
Le vieux captif l’interrompit encore:
—Nous avons changé de rôle, noble chancelier; autrefois c’était moi qui vous appelais simplement d’Ahlefeld, et vous qui me disiez seigneur comte.
—Accusé, répliqua le président, vous nuisez à votre cause en rappelant le jugement infamant dont vous êtes déjà flétri.
—Si ce jugement est infamant pour quelqu’un, comte d’Ahlefeld, ce n’est pas pour moi.
Le vieillard s’était levé à demi en prononçant ces paroles avec force. Le président étendit la main vers lui.
—Asseyez-vous. N’insultez pas, devant un tribunal, et aux juges qui vous ont condamné, et au roi qui vous a donné ces juges. Rappelez-vous que sa majesté a daigné vous accorder la vie, et bornez-vous ici à vous défendre.
Schumacker ne répondit qu’en haussant les épaules.
—Avez-vous, demanda le président, quelques aveux à faire au tribunal touchant le crime capital dont vous êtes accusé?
Voyant que Schumacker gardait le silence, le président répéta sa question.