—Qui vous a poussé au crime de rébellion?
—Nos frères les mineurs se plaignaient de la tutelle royale, et cela était tout simple, n’est-ce pas, votre courtoisie? Vous n’auriez qu’une hutte de boue et deux mauvaises peaux de renard, que vous ne seriez pas fâché d’en être le maître. Le gouvernement n’a pas écouté leurs prières. Alors, seigneur, ils ont songé à se révolter, et nous ont priés de les aider. Un si petit service ne se refuse pas entre frères qui récitent les mêmes oraisons et chôment les mêmes saints. Voilà tout.
—Personne, dit le président, n’a-t-il éveillé, encouragé et dirigé votre insurrection?
—C’était un seigneur Hacket, qui nous parlait sans cesse de délivrer un comte prisonnier à Munckholm, dont il se disait l’envoyé. Nous le lui avons promis, parce qu’une liberté de plus ne nous coûtait rien.
—Ce comte ne s’appelait-il pas Schumacker ou Griffenfeld?
—Justement, votre courtoisie.
—Vous ne l’avez jamais vu?
—Non, seigneur; mais si c’est ce vieillard qui vous a dit tout à l’heure tant de noms, je ne puis faire autrement que de convenir....
—De quoi? interrompit le président.
—Qu’il a une bien belle barbe blanche, seigneur, presque aussi belle que celle du père du mari de ma sœur Maase, de la bourgade de Surb, lequel a vécu jusqu’à cent vingt ans.