Schumacker s’avance vers lui:
—Prends ma main! dit-il.
—Est-ce que tu veux que je la dévore?
—Han d’Islande, reprend Schumacker, je t’aime parce que tu hais les hommes.
—Voilà pourquoi je te hais.
—Écoute, je hais les hommes, comme toi, parce que je leur ai fait du bien, et qu’ils m’ont fait du mal.
—Tu ne les hais pas comme moi; je les hais, moi, parce qu’ils m’ont fait du bien, et que je leur ai rendu du mal.
Schumacker frémit du regard du monstre. Il a beau vaincre sa nature, son âme ne peut sympathiser avec celle-là.
—Oui, s’écrie-t-il, j’exècre les hommes, parce qu’ils sont fourbes, ingrats, cruels. Je leur ai dû tout le malheur de ma vie.
—Tant mieux!—je leur ai dû, moi, tout le bonheur de la mienne.