—Nychol Orugix, bourreau du Drontheimhus, pour te servir, mon frère Turiaf.

Le condamné se jeta au cou de l’exécuteur, en l’appelant son frère, son frère chéri. Cette reconnaissance fraternelle n’eût pas dilaté le cœur de celui qui en eût été témoin. Turiaf prodiguait à Nychol mille caresses avec un sourire affecté et craintif, auquel Nychol répondait par des regards sombres et embarrassés; on eût dit un tigre flattant un éléphant au moment où le pied pesant du monstre presse son ventre haletant.

—Quel bonheur, frère Nychol!—Je suis bien joyeux de te revoir.

—Et moi, j’en suis fâché pour toi, frère Turiaf. Le condamné feignait de ne point entendre, et poursuivait d’une voix tremblante:

—Tu as une femme et des enfants, sans doute? Tu me mèneras voir mon aimable sœur et embrasser mes charmants neveux.

—Signe de croix du démon! murmura le bourreau.

—Je veux être leur second père. Écoute, frère, je suis puissant, j’ai du crédit....

Le frère répondit d’un accent sinistre:

—Je sais que tu en avais!—À présent ne songe plus qu’à celui que tu as sans doute su te ménager près des saints.

Toute espérance disparut du front du condamné.