—Vous vous trompez, mon noble père, ajouta Éthel enhardie. Je ne hais pas Ordener.
—Comment! s’écria le père.
—Je suis... reprit Éthel. Elle s’arrêta. Ordener s’agenouilla devant le vieillard.
—Elle est ma femme, mon père! Pardonnez-moi comme mon autre père m’a déjà pardonné, et bénissez vos enfants.
Schumacker, étonné à son tour, bénit le jeune couple incliné devant lui.
—J’ai tant maudit dans ma vie, dit-il, que je saisis maintenant sans examen toutes les occasions de bénir. Mais à présent expliquez-moi....
On lui expliqua tout. Il pleurait d’attendrissement, de reconnaissance et d’amour.
—Je me croyais sage, je suis vieux, et je n’ai pas compris le cœur d’une jeune fille!
—Je m’appelle donc Ordener Guldenlew! disait Éthel avec une joie enfantine.
—Ordener Guldenlew, reprit le vieux Schumacker, vous valez mieux que moi; car, dans ma prospérité, je ne serais certes pas descendu de mon rang pour m’unir à la fille pauvre et dégradée d’un malheureux proscrit.