—D’Ahlefeld! dit le vieux gouverneur; oui, la chose est claire, le lieutenant Frédéric est encore en ce moment à Munckholm. Noble Ordener, on veut t’allier à cette race. Je conçois ta répugnance, noble Ordener!
Le vieillard, croisant les bras, resta quelques moments rêveur, puis il vint à Ordener et le serra sur sa poitrine.
—Jeune homme, tu peux partir; ta protection ne sera pas absente pour tes protégés; je leur reste. Oui, pars; tu fais bien de toute manière. Cette infernale comtesse d’Ahlefeld est ici, tu le sais peut-être?
—La noble dame comtesse d’Ahlefeld, dit la voix de l’huissier qui ouvrait la porte.
À ce nom Ordener recula machinalement vers le fond de la chambre, et la comtesse, entrant sans l’apercevoir, s’écria:
—Seigneur général, votre élève se joue de vous; il n’est point allé à Munckholm.
—En vérité! dit le général.
—Eh mon Dieu! mon fils Frédéric, qui sort du palais, était hier de garde au donjon, et n’a vu personne.
—Vraiment, noble dame? répéta le général.
—Ainsi, continua la comtesse en souriant d’un air de triomphe, général, n’attendez plus votre Ordener.