—Quelle est l’heure qui sonne en ce moment?

—Juste Dieu, maître! vous me faites trembler. Oui, c’est la cloche de Drontheim, dont le vent nous apporte les sons. Cela annonce l’orage. Le souffle du nord-ouest amène les nuages.

—Les étoiles, en effet, ont toutes disparu derrière nous.

—Doublons le pas, mon noble seigneur, de grâce. L’orage arrive, et peut-être s’est-on déjà aperçu à la ville de la mutilation du cadavre de Gill et de ma fuite. Doublons le pas.

—Volontiers. Vieillard, votre fardeau paraît lourd; cédez-le-moi, je suis jeune et plus vigoureux que vous.

—Non, en vérité, noble maître; ce n’est point à l’aigle à porter l’écaille de la tortue. Je suis trop indigne que vous vous chargiez de ma besace.

—Mais, vieillard, si elle vous fatigue? Elle paraît pesante. Que contient-elle donc? Tout à l’heure vous avez bronché, cela a résonné comme du fer.

Le vieillard s’écarta brusquement du jeune homme.

—Cela a résonné, maître! oh non! vous vous êtes trompé. Elle ne contient rien... que des vivres, des habits. Non, elle ne me fatigue pas, seigneur.

La proposition bienveillante du jeune homme paraissait avoir causé à son vieux compagnon un effroi qu’il s’efforçait de dissimuler.