Les caveaux qui renferment le tombeau de Charlemagne à Aix-la-Chapelle[1]. De grandes voûtes d'architecture lombarde. Gros piliers bas, pleins cintres, chapiteaux d'oiseaux et de fleurs.—A droite, le tombeau de Charlemagne, avec une petite porte de bronze, basse et cintrée. Une seule lampe suspendue à une clef de voûte en éclaire l'inscription: KAROLVS MAGNVS.—Il est nuit. On ne voit pas le fond du souterrain; l'ail se perd dans les arcades, les escaliers et les piliers qui s'entre croisent dans l'ombre.
SCÈNE PREMIÈRE.
DON CARLOS, DON RICARDO DE ROXAS, COMTE DE CASAPALMA (une lanterne à la main. Grands manteaux, chapeaux rabattus).
DON RICARDO (son chapeau à la main).
C'est ici.
DON CARLOS.
C'est ici que la ligue s'assemble!
Que je vais dans ma main les tenir tous ensemble!
Ah! monsieur l'électeur de Trèves[2], c'est ici!
Vous leur prêtez ce lieu! Certe, il est bien choisi!
Un noir complot prospère à l'air des catacombes.
Il est bon d'aiguiser les stylets sur des tombes.
Pourtant c'est jouer gros. La tête est de l'enjeu,
Messieurs les assassins! et nous verrons.—Pardieu!
Ils font bien de choisir pour une telle affaire
Un sépulcre,—ils auront moins de chemin à faire.
A don Ricardo.
Ces caveaux sous le sol s'étendent-ils bien loin?
DON RICARDO.
Jusques au château-fort.
DON CARLOS.
C'est plus qu'il n'est besoin.
DON RICARDO.
D'autres, de ce côté, vont jusqu'au monastère
D'Altenheim…
DON CARLOS.
Où Rodolphe extermina Lothaire[3].
Bien.—Une fois encor, comte, redites-moi
Les noms et les griefs, où, comment, et pourquoi.