—Je vous suis, dit Pécopin. C'est dit, au soleil levant, à Falkenburg.
—Holà! vous autres! arrivez! en chasse! cria le vieux seigneur, faisant effort avec sa voix décrépite.
En jetant ce cri vers le taillis, il se retourna, et Pécopin vit qu'il était bossu. Puis il fit quelques pas, et Pécopin vit qu'il était boiteux.
A l'appel du vieux seigneur, une troupe de cavaliers vêtus comme des princes et montés comme des rois, sortit de l'épaisseur du bois.
Ils vinrent se ranger dans un profond silence autour du vieux qui paraissait leur maître. Tous étaient armés de couteaux ou d'épieux; lui seul avait un cor. La nuit était tombée; mais autour des gentilshommes se tenaient debout deux cents valets portant deux cents torches.
—Ebbene, dit le maître, ubi sunt los perros?
Ce mélange d'italien, de latin et d'espagnol fut désagréable à Pécopin.
Mais le vieux reprit avec impatience:—Les chiens! les chiens!
Il achevait à peine, que d'effroyables aboiements remplissaient la clairière. Une meute venait d'y apparaître.
Une meute admirable, une vraie meute d'empereur. Des valets en jaquettes jaunes et en bas rouges, des estafiers de chenil au visage féroce et des nègres tout nus la tenaient robustement en laisse.