—Le connais-tu?

—Non.

Le piqueur se démasqua: c'était Erilangus. Pécopin se sentit trembler. Le diable continua:

—Pécopin, tu étais mon créancier. Je te devais deux choses: cette bosse et ce pied-bot. Or je suis bon débiteur. Je suis allé trouver ton ancien valet Erilangus pour m'informer de tes goûts. Il m'a conté que tu aimais la chasse. Alors j'ai dit: Ce serait dommage de ne pas faire chasser la chasse noire à ce beau chasseur. Comme le soleil baissait je t'ai rencontré dans une clairière. Tu étais dans le bois des Pas-Perdus. J'arrivais à temps; le nain Roulon t'allait prendre pour lui, je t'ai pris pour moi. Voilà.

Pécopin frémissait involontairement. Le diable ajouta:

—Si tu n'avais eu ton talisman, je t'aurais gardé. Mais j'aime autant que les choses soient comme elles sont. La vengeance se doit assaisonner à diverses sauces.

—Mais enfin que veux-tu dire, démon? reprit Pécopin avec effort.

Le diable poursuivit:

—Pour récompenser Erilangus de ses renseignements, je l'ai fait mon portefeuille. Il a de bons bénéfices.

—Mauvais drôle, me diras-tu enfin ce que cela signifie? répéta Pécopin.