Cette jalousie sourde et voilée, dont je vous parlais tout à l'heure, de l'électeur contre l'empereur, du comte souverain contre le césar, se traduit et éclate visiblement jusque sur les façades du château. Sur le palais d'Othon-Henri, l'artiste, plein de l'esprit du prince, a mis des médaillons d'empereurs romains. Parmi ces césars il a étalé Néron et glissé Brutus. Il a subordonné la composition de ses trois étages à quatre statues posées fièrement au rez-de-chaussée. Ces quatre statues sont des symboles; ce sont des demi-dieux et des demi-rois. C'est Josué, c'est Samson, c'est Hercule, c'est David. Dans David il n'a pas choisi le roi, mais le berger. Chaque statue a au-dessous d'elle son inscription, qui achève d'expliquer la pensée hautaine du palatin. Sous les pieds de Josué on lit:
LE DUC JOSUÉ (HERZOG JOSHUA)
PAR L'AIDE DE DIEU
A FAIT PERIR
TRENTE ET UN ROIS
Samson, dans sa légende, devient presque un électeur palatin:
SAMSON LE FORT
ÉTAIT LE LIEUTENANT DE DIEU
ET GOUVERNA ISRAEL
DURANT VINGT ANS