Leur oeil triste rendait la nature farouche,

Et là, sans qu'il sortit un souffle de leur bouche,

Les mains sur leurs genoux et se tournant le dos,

Accablés comme ceux qui portent des fardeaux,

Sans autre mouvement de vie extérieure

Que de baisser plus bas la tête d'heure en heure,

Dans une stupeur morne et fatale absorbés,

Froids, livides, hagards, ils regardaient, courbés

Sous l'être illimité sans figure et sans nombre,

L'un, décroître le jour, et l'autre, grandir l'ombre;