Vous guettez les soupirs de l'homme et de la femme,

Oiseaux; quand nous aimons et quand nous triomphons,

Quand notre être, tout bas, s'exhale en chants profonds,

Vous, attentifs, parmi les bois inaccessibles,

Vous saisissez au vol ces strophes invisibles,

Et vous les répétez tout haut, comme de vous;

Et vous mêlez, pour rendre encor l'hymne plus doux,

A la chanson des coeurs, le battement des ailes;

Si bien qu'on vous admire, écouteurs infidèles,

Et que le noir sapin murmure aux vieux tilleuls: