—La portière m'a dit qu'il ne pourrait pas venir aujourd'hui.
—Mon enfant, dit la sœur, tenez-vous tranquille, recouchez-vous.
Fantine, sans changer d'attitude, reprit d'une voix haute et avec un accent tout à la fois impérieux et déchirant:
—Il ne pourra venir? Pourquoi cela? Vous savez la raison. Vous la chuchotiez là entre vous. Je veux la savoir.
La servante se hâta de dire à l'oreille de la religieuse:
—Répondez qu'il est occupé au conseil municipal.
La sœur Simplice rougit légèrement; c'était un mensonge que la servante lui proposait. D'un autre côté il lui semblait bien que dire la vérité à la malade ce serait sans doute lui porter un coup terrible et que cela était grave dans l'état où était Fantine. Cette rougeur dura peu. La sœur leva sur Fantine son œil calme et triste, et dit:
—Monsieur le maire est parti.
Fantine se redressa et s'assit sur ses talons. Ses yeux étincelèrent. Une joie inouïe rayonna sur cette physionomie douloureuse.
—Parti! s'écria-t-elle. Il est allé chercher Cosette!