—Laissez-moi tranquille!
Marius poussa de nouveau la porte, elle continua de la retenir.
—Tenez, dit-elle, vous avez tort. Quoique vous ne soyez pas riche, vous avez été bon ce matin. Soyez-le encore à présent. Vous m'avez donné de quoi manger, dites-moi maintenant ce que vous avez. Vous avez du chagrin, cela se voit. Je ne voudrais pas que vous eussiez du chagrin. Qu'est-ce qu'il faut faire pour cela? Puis-je servir à quelque chose? Employez-moi. Je ne vous demande pas vos secrets, vous n'aurez pas besoin de me dire, mais enfin je peux être utile. Je peux bien vous aider, puisque j'aide mon père. Quand il faut porter des lettres, aller dans les maisons, demander de porte en porte, trouver une adresse, suivre quelqu'un, moi je sers à ça. Eh bien, vous pouvez bien me dire ce que vous avez, j'irai parler aux personnes. Quelquefois quelqu'un qui parle aux personnes, ça suffit pour qu'on sache les choses, et tout s'arrange. Servez-vous de moi.
Une idée traversa l'esprit de Marius. Quelle branche dédaigne-t-on quand on se sent tomber?
Il s'approcha de la Jondrette.
—Écoute... lui dit-il.
Elle l'interrompit avec un éclair de joie dans les yeux.
—Oh! oui, tutoyez-moi! j'aime mieux cela.
—Eh bien, reprit-il, tu as amené ici ce vieux monsieur avec sa fille....
—Oui.