Arrivé au numéro 14 de la rue de Pontoise, il monta au premier et demanda le commissaire de police.

—Monsieur le commissaire de police n'y est pas, dit un garçon de bureau quelconque; mais il y a un inspecteur qui le remplace. Voulez-vous lui parler? est-ce pressé?

—Oui, dit Marius.

Le garçon de bureau l'introduisit dans le cabinet du commissaire. Un homme de haute taille s'y tenait debout, derrière une grille, appuyé à un poêle, et relevant de ses deux mains les pans d'un vaste carrick à trois collets. C'était une figure carrée, une bouche mince et ferme, d'épais favoris grisonnants très farouches, un regard à retourner vos poches. On eût pu dire de ce regard, non qu'il pénétrait, mais qu'il fouillait.

Cet homme n'avait pas l'air beaucoup moins féroce ni beaucoup moins redoutable que Jondrette; le dogue quelquefois n'est pas moins inquiétant à rencontrer que le loup.

—Que voulez-vous? dit-il à Marius, sans ajouter monsieur.

—Monsieur le commissaire de police?

—Il est absent. Je le remplace.

—C'est pour une affaire très secrète.

—Alors parlez.