On acheva de vider la cabine. La lanterne, le chouquet, les barils, les sacs, les bailles et les charniers, la marmite avec la soupe, tout alla aux flots.
On dévissa les écrous du fourneau de fer éteint depuis longtemps, on le descella, on le hissa sur le pont, on le traîna jusqu’à la brèche, et on le précipita hors du navire.
On envoya à l’eau tout ce qu’on put arracher du vaigrage, des porques, des haubans et du gréement fracassé.
De temps en temps le chef prenait une torche, la promenait sur les chiffres d’étiage peints à l’avant du navire, et regardait où en était le naufrage.
XVIII
LA RESSOURCE SUPRÊME
L’épave, allégée, s’enfonçait un peu moins, mais s’enfonçait toujours.
Le désespoir de la situation n’avait plus ni ressource, ni palliatif. On avait épuisé le dernier expédient.
—Y a-t-il encore quelque chose à jeter à la mer? cria le chef.
Le docteur, auquel personne ne songeait plus, sortit d’un angle du capot de cabine, et dit:
—Oui.