L’enfant fixa son attention partout, loin, près, au fond, en haut, en bas. Il n’y avait personne. Il n’y avait rien.

Il prêta l’oreille. La voix se fit entendre encore. Il la perçût distinctement. Cette voix avait un peu du bêlement d’un agneau.

Alors il eut peur et songea à fuir.

Le gémissement reprit. C’était la quatrième fois. Il était étrangement misérable et plaintif. On sentait qu’après ce suprême effort, plutôt machinal que voulu, ce cri allait probablement s’éteindre. C’était une réclamation expirante, instinctivement faite à la quantité de secours qui est en suspens dans l’étendue; c’était on ne sait quel bégaiement d’agonie adressé à une providence possible. L’enfant s’avança du côté d’où venait la voix.

Il ne voyait toujours rien.

Il avança encore, épiant.

La plainte continuait. D’inarticulée et confuse qu’elle était, elle était devenue claire et presque vibrante. L’enfant était tout près de la voix. Mais où était-elle?

Il était près d’une plainte. Le tremblement d’une plainte dans l’espace passait à coté de lui. Un gémissement humain flottant dans l’invisible, voilà ce qu’il venait de rencontrer. Telle était du moins son impression, trouble comme le profond brouillard où il était perdu.

Comme il hésitait entre un instinct qui le poussait à fuir et un instinct qui lui disait de rester, il aperçut dans la neige, à ses pieds, à quelques pas devant lui, une sorte d’ondulation de la dimension d’un corps humain, une petite éminence basse, longue et étroite, pareille au renflement d’une fosse, une ressemblance de sépulture dans un cimetière qui serait blanc.

En même temps, la voix cria.