Il eut vite fait d’atteindre les habitations. Il parvint à un faubourg de ville qui était une rue ouverte. A celle époque le barrage des rues la nuit tombait en désuétude.

La rue commençait par deux maisons. Dans ces deux maisons on n’apercevait aucune chandelle ni aucune lampe, non plus que dans toute la rue, ni dans toute la ville, aussi loin que la vue pouvait s’étendre.

La maison de droite étaie plutôt un toit qu’une maison; rien de plus chétif; la muraille était de torchis et le toit de paille; il y avait plus de chaume que de mur. Une grande ortie née au pied du mur touchait au bord du toit. Cette masure n’avait qu’une porte qui semblait une chatière et qu’une fenêtre qui était une lucarne. Le tout fermé. A côté une soue à porcs habitée indiquait que la chaumière était habitée aussi.

La maison de gauche était large, haute, toute en pierre, avec toit d’ardoises. Fermée aussi. C’était Chez le Riche vis-à-vis de Chez le Pauvre.

Le garçon n’hésita pas.

Il alla à la grande maison.

La porte à deux battants, massif damier de chêne à gros clous, était de celles derrière lesquelles on devine une robuste armature de barres et de serrures; un marteau de fer y pendait.

Il souleva le marteau, avec quelque peine, car ses mains engourdies étaient plutôt des moignons que des mains. il frappa un coup.

On ne répondit pas.

Il frappa une seconde fois, et deux coups.