Minos, méditant la réponse d’Ursus, s’enfonça dans la profondeur de son imbécillité, ce qui fit un silence.
Le préposé à l’histoire, celui qui pour Ursus était Rhadamante, masqua la déroute de Minos par cette interpellation:
—Inculpé, vos hardiesses et vos erreurs sont de toutes sortes. Vous avez nié que la bataille de Pharsale eût été perdue parce que Brutus et Cassius avaient rencontré un nègre.
—J’ai dit, murmura Ursus, que cela tenait aussi à ce que César était un meilleur capitaine.
L’homme de l’histoire passa sans transition à la mythologie.
—Vous avez excusé les infamies d’Actéon.
—Je pense, insinua Ursus, qu’un homme n’est pas déshonoré pour avoir vu une femme nue.
—Et vous avez tort, dit le juge sévèrement. Rhadamante rentra dans l’histoire.
—A propos des accidents arrivés à la cavalerie de Mithridate, vous avez contesté les vertus des herbes et des plantes. Vous avez nié qu’une herbe, comme la securiduca, pût faire tomber les fers des chevaux.
—Pardon, répondit Ursus. J’ai dit que cela n’était possible qu’à l’herbe sferra-cavallo. Je ne nie la vertu d’aucune herbe.