—En cette situation, et avant de prolonger l’épreuve, il vous a été fait, par moi shériff du comté de Surrey, sommation itérative de répondre et de parler, et vous avez sataniquement persévéré dans le silence, bien qu’étant au pouvoir des gênes, chaînes, ceps, entraves et ferrements.
—Attachiamenta legalia, dit le sergent.
—Sur votre refus et endurcissement, dit le shériff, étant équitable que l’obstination de la loi soit égale à l’obstination du criminel, l’épreuve a continué, telle que la commandent les édits et textes. Le premier jour on ne vous a donné ni à boire ni à manger.
—Hoc est superjejunare, dit le sergent.
Il y eut un silence. On entendait l’affreuse respiration sifflante de l’homme sous le tas de pierres.
Le sergent en droit compléta son interruption:
—Adde augmentum abstinentiae ciborum diminutione. Consuetudo brttannica, article cinq cent quatre.
Ces deux hommes, le shériff et le sergent, alternaient; rien de plus sombre que cette monotonie imperturbable; la voix lugubre répondait à la voix sinistre; on eût dit le prêtre et le diacre du supplice, célébrant la messe féroce de la loi.
Le shériff recommença:
—Le premier jour on ne vous a donné ni à boire ni à manger. Le deuxième jour on vous a donné à manger et pas à boire; on vous a mis entre les dents trois bouchées de pain d’orge. Le troisième jour on vous a donné à boire et pas à manger. On vous a versé dans la bouche, en trois fois et en trois verres, une pinte d’eau prise au ruisseau d’égout de la prison. Le quatrième jour est venu. C’est aujourd’hui. Maintenant, si vous continuez à ne pas répondre, vous serez laissé là jusqu’à ce que vous mouriez. Ainsi le veut justice.