Les sections de Paris demandèrent qu'il fût inhumé «au champ de la fédération, sous l'autel de la patrie».
Le directoire du département proposa de lui donner pour tombe la «nouvelle église de Sainte-Geneviève», et de décréter que «cet édifice serait désormais destiné à recevoir les cendres des grands hommes».
A ce sujet, M. Pastoret, procureur général syndic de la commune, dit: «Les larmes que fait couler la perte d'un grand homme ne doivent pas être des larmes stériles. Plusieurs peuples anciens renfermèrent dans des monuments séparés leurs prêtres et leurs héros. Cette espèce de culte qu'ils rendaient à la piété et au courage, rendons-le aujourd'hui à l'amour du bonheur et de la liberté des hommes. Que le temple de la religion devienne le temple de la patrie! que la tombe d'un grand homme devienne l'autel de la liberté!»
L'assemblée applaudit.
Barnave s'écria: «Il a en effet mérité les honneurs qui doivent être décernés par la nation aux grands hommes qui l'ont bien servie!»
Robespierre, c'est-à-dire l'envie, se leva aussi et dit: «Ce n'est pas au moment où l'on entend de toutes parts les regrets qu'excite la perte de cet homme illustre, qui, dans les époques les plus critiques, a déployé tant de courage contre le despotisme, que l'on pourrait s'opposer à ce qu'il lui fût décerné des marques d'honneur. J'appuie la proposition de tout mon pouvoir, ou plutôt de toute ma sensibilité.»
Il n'y eut plus, ce jour-là, ni côté gauche ni côté droit dans l'assemblée nationale, qui rendit tout d'une voix ce décret:
«Le nouvel édifice de Sainte-Geneviève sera destiné à réunir les cendres des grands hommes.
«Seront gravés au-dessus du fronton ces mots: