—Fi! dit l’inconnu, dans une moralité! Il ne faut pas confondre les genres. Si c’était une sotie, à la bonne heure.
—C’est dommage, reprit Gisquette. Ce jour-là il y avait à la fontaine du Ponceau des hommes et des femmes sauvages qui se combattaient et faisaient plusieurs contenances en chantant de petits motets et des bergerettes.
—Ce qui convient pour un légat, dit assez sèchement l’inconnu, ne convient pas pour une princesse.
—Et près d’eux, reprit Liénarde, joutaient plusieurs bas instruments qui rendaient de grandes mélodies.
—Et pour rafraîchir les passants, continua Gisquette, la fontaine jetait par trois bouches, vin, lait et hypocras, dont buvait qui voulait.
—Et un peu au-dessous du Ponceau, poursuivit Liénarde, à la Trinité, il y avait une passion par personnages, et sans parler.
—Si je m’en souviens! s’écria Gisquette: Dieu en la croix, et les deux larrons à droite et à gauche.
Ici les jeunes commères, s’échauffant au souvenir de l’entrée de monsieur le légat, mirent à parler à la fois.
—Et plus avant, à la porte aux Peintres, il y avait d’autres personnes très richement habillées.
—Et à la fontaine Saint-Innocent, ce chasseur qui poursuivait une biche avec grand bruit de chiens et de trompes de chasse!