C’était la chèvre qui venait d’arriver à la recherche de sa maîtresse, et qui, en se précipitant vers elle, avait commencé par embarrasser ses cornes dans le monceau d’étoffe que les vêtements de la noble dame entassaient sur ses pieds quand elle était assise.
Ce fut une diversion. La bohémienne, sans dire une parole, la dégagea.
—Oh! voilà la petite chevrette qui a des pattes d’or! s’écria Bérangère en sautant de joie.
La bohémienne s’accroupit à genoux, et appuya contre sa joue la tête caressante de la chèvre. On eût dit qu’elle lui demandait pardon de l’avoir quittée ainsi.
Cependant Diane s’était penchée à l’oreille de Colombe.
—Eh! mon Dieu! comment n’y ai-je pas songé plus tôt? C’est la bohémienne à la chèvre. On la dit sorcière, et que sa chèvre fait des momeries très miraculeuses.
—Eh bien, dit Colombe, il faut que la chèvre nous divertisse à son tour et nous fasse un miracle.
Diane et Colombe s’adressèrent vivement à l’égyptienne.
—Petite, fais donc faire un miracle à ta chèvre.
—Je ne sais ce que vous voulez dire, répondit la danseuse.