Un vieux hutin lui adressa la parole.

—Capitaine, ce n’est pas la solive qui nous ennuie, c’est la porte qui est toute cousue de barres de fer. Les pinces n’y peuvent rien.

—Que vous faudrait-il donc pour l’enfoncer? demanda Clopin.

—Ah! il nous faudrait un bélier.

Le roi de Thunes courut bravement au formidable madrier et mit le pied dessus.—En voilà un, cria-t-il; ce sont les chanoines qui vous l’envoient. Et, faisant un salut dérisoire du côté de l’église:—Merci, chanoines!

Cette bravade fit bon effet, le charme du madrier était rompu. Les truands reprirent courage; bientôt la lourde poutre, enlevée comme une plume par deux cents bras vigoureux, vint se jeter avec furie sur la grande porte qu’on avait déjà essayé d’ébranler. A voir ainsi, dans le demi-jour que les rares torches des truands répandaient sur la place, ce long madrier porté par cette foule d’hommes qui le précipitaient en courant sur l’église, on eût cru voir une monstrueuse bête à mille pieds attaquant tête baissée la géante de pierre.

Au choc de la poutre, la porte à demi métallique résonna comme un immense tambour; elle ne se creva point, mais la cathédrale tout entière tressaillit, et l’on entendit gronder les profondes cavités de l’édifice.

Au même instant, une pluie de grosses pierres commença à tomber du haut de la façade sur les assaillants.

—Diable! cria Jehan, est-ce que les tours nous secouent leurs balustrades sur la tête?

Mais l’élan était donné, le roi de Thunes payait d’exemple, c’était décidément l’évêque qui se défendait, et l’on n’en battit la porte qu’avec plus de rage, malgré les pierres qui faisaient éclater des crânes à droite et à gauche.