—Soyez tranquille, répondit Gringoire. C’est un de mes amis.

Alors le philosophe, posant sa lanterne à terre, s’accroupit sur la dalle et s’écria avec enthousiasme en serrant Djali dans ses bras:—Oh! c’est une gracieuse bête, sans doute plus considérable pour sa propreté que pour sa grandeur, mais ingénieuse, subtile et lettrée comme un grammairien! Voyons, ma Djali, n’as-tu rien oublié de tes jolis tours? Comment fait maître Jacques Charmolue?...

L’homme noir ne le laissa pas achever. Il s’approcha de Gringoire et le poussa rudement par l’épaule. Gringoire se leva.

—C’est vrai, dit-il, j’oubliais que nous sommes pressés.—Ce n’est pourtant point une raison, mon maître, pour forcener les gens de la sorte.—Ma chère belle enfant, votre vie est en danger, et celle de Djali. On veut vous reprendre. Nous sommes vos amis, et nous venons vous sauver. Suivez-nous.

—Est-il vrai? s’écria-t-elle bouleversée.

—Oui, très vrai. Venez vite!

—Je le veux bien, balbutia-t-elle. Mais pourquoi votre ami ne parle-t-il pas?

—Ah! dit Gringoire, c’est que son père et sa mère étaient des gens fantasques qui l’ont fait de tempérament taciturne.

Il fallut qu’elle se contentât de cette explication. Gringoire la prit par la main, son compagnon ramassa la lanterne et marcha devant. La peur étourdissait la jeune fille. Elle se laissa emmener. La chèvre les suivait en sautant, si joyeuse de revoir Gringoire qu’elle le faisait trébucher à tout moment pour lui fourrer ses cornes dans les jambes.

—Voilà la vie, disait le philosophe chaque fois qu’il manquait de tomber, ce sont souvent nos meilleurs amis qui nous font choir!