«Du diable si je vous comprends!» s'écria Phoebus.
La Esmeralda resta un moment silencieuse, puis une larme sortit de ses yeux, un soupir de ses lèvres, et elle dit: «Oh! monseigneur, je vous aime.»
Il y avait autour de la jeune fille un tel parfum de chasteté, un tel charme de vertu que Phoebus ne se sentait pas complètement à l'aise auprès d'elle. Cependant cette parole l'enhardit. «Vous m'aimez!» dit-il avec transport, et il jeta son bras autour de la taille de l'égyptienne. Il n'attendait que cette occasion.
Le prêtre le vit, et essaya du bout du doigt la pointe d'un poignard qu'il tenait caché dans sa poitrine.
«Phoebus, poursuivit la bohémienne en détachant doucement de sa ceinture les mains tenaces du capitaine, vous êtes bon, vous êtes généreux, vous êtes beau. Vous m'avez sauvée, moi qui ne suis qu'une pauvre enfant perdue en Bohême. Il y a longtemps que je rêve d'un officier qui me sauve la vie. C'était de vous que je rêvais avant de vous connaître, mon Phoebus. Mon rêve avait une belle livrée comme vous, une grande mine, une épée. Vous vous appelez Phoebus, c'est un beau nom. J'aime votre nom, j'aime votre épée. Tirez donc votre épée, Phoebus, que je la voie.
—Enfant!» dit le capitaine, et il dégaina sa rapière en souriant.
L'égyptienne regarda la poignée, la lame, examina avec une curiosité adorable le chiffre de la garde, et baisa l'épée en lui disant: «Vous êtes l'épée d'un brave. J'aime mon capitaine.»
Phoebus profita encore de l'occasion pour déposer sur son beau cou ployé un baiser qui fit redresser la jeune fille écarlate comme une cerise. Le prêtre en grinça des dents dans ses ténèbres.
«Phoebus, reprit l'égyptienne, laissez-moi vous parler. Marchez donc un peu, que je vous voie tout grand et que j'entende sonner vos éperons. Comme vous êtes beau!»
Le capitaine se leva pour lui complaire, en la grondant avec un sourire de satisfaction: «Mais êtes-vous enfant!—À propos, charmante, m'avez-vous vu en hoqueton de cérémonie?