—Heuh! dit le roi.

—Je suis au bout de ma finance, poursuivit le docteur, et il serait vraiment dommage que la maison n'eût pas de toit. Non pour la maison, qui est simple et toute bourgeoise, mais pour les peintures de Jehan Fourbault, qui en égaient le lambris. Il y a une Diane en l'air qui vole, mais si excellente, si tendre, si délicate, d'une action si ingénue, la tête si bien coiffée et couronnée d'un croissant, la chair si blanche qu'elle donne de la tentation à ceux qui la regardent trop curieusement. Il y a aussi une Cérès. C'est encore une très belle divinité. Elle est assise sur des gerbes de blé, et coiffée d'une guirlande galante d'épis entrelacés de salsifis et autres fleurs. Il ne se peut rien voir de plus amoureux que ses yeux, de plus rond que ses jambes, de plus noble que son air, de mieux drapé que sa jupe. C'est une des beautés les plus innocentes et les plus parfaites qu'ait produites le pinceau.

—Bourreau! grommela Louis XI, où en veux-tu venir?

—Il me faut un toit sur ces peintures, Sire, et, quoique ce soit peu de chose, je n'ai plus d'argent.

—Combien est-ce, ton toit?

—Mais... un toit de cuivre historié et doré, deux mille livres au plus.

—Ah! l'assassin! cria le roi. Il ne m'arrache pas une dent qui ne soit un diamant.

—Ai-je mon toit? dit Coictier.

—Oui! et va au diable, mais guéris-moi.»

Jacques Coictier s'inclina profondément et dit: