Elle resta ainsi prosternée fort longtemps, tremblant, à la vérité, plus qu'elle ne priait, glacée au souffle de plus en plus rapproché de cette multitude furieuse, ne comprenant rien à ce déchaînement, ignorant ce qui se tramait, ce qu'on faisait, ce qu'on voulait, mais pressentant une issue terrible.
Voilà qu'au milieu de cette angoisse elle entend marcher près d'elle. Elle se détourne. Deux hommes, dont l'un portait, une lanterne, venaient d'entrer dans sa cellule. Elle poussa un faible cri.
«Ne craignez rien, dit une voix qui ne lui était pas inconnue, c'est moi.
—Qui? vous? demanda-t-elle.
—Pierre Gringoire.»
Ce nom la rassura. Elle releva les yeux, et reconnut en effet le poète. Mais il y avait auprès de lui une figure noire et voilée de la tête aux pieds qui la frappa de silence.
«Ah! reprit Gringoire d'un ton de reproche, Djali m'avait reconnu avant vous!»
La petite chèvre en effet n'avait pas attendu que Gringoire se nommât. À peine était-il entré qu'elle s'était tendrement frottée à ses genoux, couvrant le poète de caresses et de poils blancs, car elle était en mue. Gringoire lui rendait les caresses.
«Qui est là avec vous? dit l'égyptienne à voix basse.
—Soyez tranquille, répondit Gringoire. C'est un de mes amis.»