—Rends-moi mon enfant!

—Lâchez-moi, au nom du ciel!

—Rends-moi mon enfant!»

Cette fois encore, la jeune fille retomba, épuisée, rompue, ayant déjà le regard vitré de quelqu'un qui est dans la fosse.

«Hélas! bégaya-t-elle, vous cherchez votre enfant. Moi, je cherche mes parents.

—Rends-moi ma petite Agnès! poursuivit Gudule. Tu ne sais pas où elle est? Alors, meurs!—Je vais te dire. J'étais une fille de joie, j'avais un enfant, on m'a pris mon enfant.—Ce sont les égyptiennes. Tu vois bien qu'il faut que tu meures. Quand ta mère l'égyptienne viendra te réclamer, je lui dirai: La mère, regarde à ce gibet!—Ou bien rends-moi mon enfant.—Sais-tu où elle est, ma petite fille? Tiens, que je te montre. Voilà son soulier, tout ce qui m'en reste. Sais-tu où est le pareil? Si tu le sais, dis-le-moi, et si ce n'est qu'à l'autre bout de la terre, je l'irai chercher en marchant sur les genoux.»

En parlant ainsi, de son autre bras tendu hors de la lucarne elle montrait à l'égyptienne le petit soulier brodé. Il faisait déjà assez jour pour en distinguer la forme et les couleurs.

«Montrez-moi ce soulier, dit l'égyptienne en tressaillant. Dieu! Dieu!» Et en même temps, de la main qu'elle avait libre, elle ouvrait vivement le petit sachet orné de verroterie verte qu'elle portait au cou.

—Va! va! grommelait Gudule, fouille ton amulette du démon!» Tout à coup elle s'interrompit, trembla de tout son corps, et cria avec une voix qui venait du plus profond des entrailles: «Ma fille!»

L'égyptienne venait de tirer du sachet un petit soulier absolument pareil à l'autre. À ce petit soulier était attaché un parchemin sur lequel ce carme était écrit: