Et tout ceci ne serait encore qu'un des deux aspects de la vision sublime.

A côté de l'infini de l'espace, il y a l'infini de la durée.

Songe-t-on qu'avec des existences probables de milliards et de milliards de siècles, ces myriades d'étoiles et de soleils, soumises pourtant aux lois universelles de la naissance et de la mort, ont sans doute un commencement et une fin, mais se transforment, se remplacent et se renouvellent sans cesse, sans trêve, sans terme, toujours, toujours, toujours…


De ces prodigieuses hauteurs, oserons-nous maintenant faire un retour sur nous-mêmes?

Imperceptibles sur notre imperceptible globe pendant la seconde qui est notre vie, ne sommes-nous pas, en présence de cet écrasant Infini, bien infimes et bien misérables?

Non, puisque nous le comprenons.

III

Oui, savant, j'entrevois l'incompréhensible ; ignorant, je le sens, ce qui est plus formidable encore. Devant cette énormité, devant ce précipice de merveilles, que voulez-vous que je fasse? Ignorant, j'y tombe ; savant, je m'y écroule.