Pourquoi les «parfaits» ne sont-ils pas les grands?

Pourquoi Virgile est-il inférieur à Homère? Pourquoi Anacréon est-il inférieur à Pindare? Pourquoi Ménandre est-il inférieur à Aristophane? Pourquoi Sophocle est-il inférieur à Eschyle? Pourquoi Lysippe est-il inférieur à Phidias? Pourquoi David est-il inférieur à Isaïe? Pourquoi Thucydide est-il inférieur à Hérodote? Pourquoi Cicéron est-il inférieur à Démosthène? Pourquoi Tite-Live est-il inférieur à Tacite? Pourquoi Térence est-il inférieur à Plaute? Pourquoi Pétrarque est-il inférieur à Dante? Pourquoi Vignole est-il inférieur à Piranèse? Pourquoi Van Dyck est-il inférieur à Rembrandt? Pourquoi Boileau est-il inférieur à Régnier? Pourquoi Racine est-il inférieur à Corneille? Pourquoi Raphaël est-il inférieur à Michel-Ange?

Ceci, nous le répétons, est une question profonde.

Pourquoi tout le côté du dix-neuvième siècle qu'admirent les rhétoriques n'est-il que néant devant Molière? Pourquoi toute l'école puriste anglaise, Pope, Dryden, Addison, etc., acharnée sur Shakespeare, ne fait-elle que l'effet d'une mêlée de vermines dans la crinière du lion?

Pourquoi?

C'est qu'il n'y a point de parfaits. La perfection est affirmée, mais non prouvée. La perfection n'est pas humaine.

Il y a des grands.

L'homme peut être grand.

Si les grands ont l'excès, les parfaits ont le défaut. Deest aliquid.

Or le défaut supprime la perfection et l'excès ne supprime pas la grandeur. Loin de là, il la constate. Le ciel est trop.