La France et le monde viennent d'avoir, sans compter le dix-neuvième siècle, trois cycles successifs de lumière, et quant à moi, je n'ai jamais accepté cette appellation de «grand siècle» donnée au moindre des trois.

*

Luther, après avoir sapé à sa base la grande unité catholique, essaya vainement de fonder à son tour et de laisser après lui une unité religieuse.

Calvin règne à Genève, Zwingle à Zurich dans les montagnes de l'Albis, le frère Martin à Marbourg, Bucer à Strasbourg, Acolampade au pied du Hauenstein de Bâle, Mélanchton à l'université de Wittenberg.

Ce phénomène, au reste, se reproduit, presque avec les mêmes circonstances, dans l'histoire de toutes les philosophies et de toutes les religions. Il vient un moment où la pensée mère, l'auguste pièce d'or marquée à la royale face du maître, disparaît. Un tas de petites idées de cuivre ou de plomb, frappées à l'effigie d'une foule de petits hommes, se mettent à circuler parmi la multitude. On avait une philosophie, on a des systèmes ; on avait un sequin d'or, on a de la monnaie.

Est-ce un bien? Est-ce un mal? Faut-il nous plaindre de ce que le faux se mêle ainsi fatalement toujours au vrai dans une certaine proportion? Le mensonge est-il nécessaire à la vérité, pour le rendre propre aux usages humains, comme l'alliage au métal?

Je pose ces questions. Les résolve qui pourra.

*

Trois est le nombre parfait.