—Je suis l'homme que vous cherchez. Je suis le marquis de Lantenac, vicomte de Fontenay, prince breton, lieutenant-général des armées du roi. Finissons-en. En joue! Feu!

Et, écartant de ses deux mains sa veste de peau de chèvre, il montra sa poitrine nue.

Il baissa les yeux, cherchant du regard les fusils braqués, et se vit entouré d'hommes à genoux.

Un immense cri s'éleva:—Vive Lantenac! Vive monseigneur! Vive le général!

En même temps des chapeaux sautaient en l'air, des sabres tournoyaient joyeusement, et l'on voyait dans tout le taillis se dresser des bâtons au bout desquels s'agitaient des bonnets de laine brune.

Ce qu'il avait autour de lui, c'était une bande vendéenne.

Cette bande s'était agenouillée en le voyant.

La légende raconte qu'il y avait dans les vieilles forêts thuringiennes des, êtres étranges, race des géants, plus et moins qu'hommes, qui étaient considérés par les romains comme des animaux horribles, et par les germains comme des incarnations divines, et qui, selon la rencontre, couraient la chance d'être exterminés ou adorés.

Le marquis éprouva quelque chose de pareil à ce que devait ressentir un de ces êtres quand, s'attendant à être traité comme un monstre, il était brusquement traité comme un dieu.

Tous ces yeux pleins d'éclairs redoutables se fixaient sur le marquis avec une sorte de sauvage amour.