—Tous les deux.
—En somme, comment avaient-ils été dans la prison?
—Lâches.
—Et comment ont-ils été sur l'échafaud?
—Intrépides.
Et Dussaulx jetait cette exclamation:
—Mourir est plus facile que vivre.
Barère était en train de lire un rapport: il s'agissait de la Vendée. Neuf cents hommes du Morbihan étaient partis avec du canon pour secourir Nantes. Redon était menacé par les paysans. Paimboeuf était attaqué. Une station navale croisait à Maindrin pour empêcher les descentes. Depuis Ingrande jusqu'à Maure, toute la rive gauche de la Loire était hérissée de batteries royalistes. Trois mille paysans étaient maîtres de Pornic. Ils criaient Vivent les Anglais! Une lettre de Santerre à la Convention, que Barère lisait, se terminait ainsi: «Sept mille paysans ont attaqué Vannes. Nous les avons repoussés, et ils ont laissé dans nos mains quatre canons…»
—Et combien de prisonniers? interrompit une voix.
Barère continua…—Post-scriptum de la lettre: «Nous n'avons pas de prisonniers, parce que nous n'en faisons plus[1].»