—Nous restons douze.
—C'est bien, dit Gauvain.
Ce sergent était le bon et rude troupier Radoub, qui avait adopté au nom du bataillon les trois enfants rencontrés dans le bois de la Saudraie.
Un demi-bataillon seulement, on s'en souvient, avait été exterminé à
Herbe-en-Pail, et Radoub avait eu ce bon hasard de n'en point faire partie.
Un fourgon de fourrage était proche; Gauvain le montra du doigt au sergent.
—Sergent, faites faire à vos hommes des liens de paillé, et qu'on torde cette paille autour des fusils pour qu'on n'entende pas de bruit s'ils s'entre-choquent.
Une minute s'écoula, l'ordre fut exécuté, en silence et dans l'obscurité.
—C'est fait, dit le sergent.
—Soldats, ôtez vos souliers, reprit Gauvain.
—Nous n'en avons pas, dit le sergent.