Et ramassant ce qui lui restait de force, levant les deux bras à la fois, il tira au cur de Gauvain un coup de pistolet et lui asséna sur la tête un coup de sabre.

Il fit cela avec une promptitude de tigre; mais quelqu'un fut plus prompt encore. Ce fut un homme à cheval qui venait d'arriver et qui était là depuis quelques instants, sans qu'on eût fait attention à lui. Cet homme, voyant le vendéen lever le sabre et le pistolet, se jeta entre lui et Gauvain. Sans cet homme, Gauvain était mort. Le cheval reçut le coup pistolet, l'homme reçut le coup de sabre, et tous deux tombèrent. Tout cela se fit le temps de jeter un cri.

Le vendéen de son côté s'était affaissé sur le pavé.

Le coup de sabre avait frappé l'homme en plein visage: il était à terre, évanoui. Le cheval était tué.

Gauvain s'approcha.

—Qui est cet homme? dit-il.

Il le considéra. Le sang de la balafre inondait le blessé et lui faisait un masque rouge. Il était impossible de distinguer sa figure. On lui voyait des cheveux gris.

—Cet homme m'a sauté la vie, poursuivit Gauvain. Quelqu'un d'ici le connaît-il?

Mon commandant, dit un soldat, cet homme est entré dans la ville tout à l'heure. Je l'ai vu arriver. Il venait par la route de Pontorson.

Le chirurgien-major de la colonne était accouru avec sa trousse. Le blessé était toujours sans connaissance. Le chirurgien l'examina et dit: