—C'est vrai. Vous l'avez sauvé d'abord et tué ensuite.

—Ce n'est pas moi qui l'ai tué.

—Qui donc l'a tué?

—Sa faute.

Le matelot, béant, regarda le vieillard; puis ses sourcils reprirent leur froncement farouche.

—Comment vous appelez-vous? dit le vieillard.

—Je m'appelle Halmalo, mais vous n'avez pas besoin de savoir mon nom pour être tué par moi.

En ce moment le soleil se leva. Un rayon frappa le matelot en plein visage et éclaira vivement cette figure sauvage. Le vieillard le considérait attentivement.

La canonnade, qui se prolongeait toujours, avait maintenant des interruptions et des saccades d'agonie. Une vaste fumée s'affaissait sur l'horizon. Le canot, que ne maniait plus le rameur, allait à la dérive.

Le matelot saisit de sa main droite un des pistolets de sa ceinture et de sa main gauche son chapelet.