Mais n'attends plus! Déjà pâlissante et flétrie,
Sa tête s'est penchée au souffle des revers.
Oh! viens, il en est temps, l'orphelin qui te prie
N'a que toi seul dans l'univers.
Rends-lui, Dieu juste et bon, les plaisirs du jeune âge,
Rends-lui le doux espoir d'un heureux avenir;
Et, parmi les écueils de son pèlerinage,
Veille sur lui pour le bénir!
Viens, mon enfant, près de ta mère,
Élevons nos mains vers le ciel;
Prions que dans ta coupe amère
Le Seigneur verse un peu de miel!
Ainsi parlait la veuve et son regard humide
Sollicitait encor la céleste bonté.
Quand déjà sous les traits d'une vierge timide
Accourait l'humble Charité.
Elle connaît l'asile où gémit la souffrance;
Au foyer qu'on oublie elle sème des fleurs;
Et près d'elle s'assied la riante Espérance,
Heureuse d'essuyer des pleurs.
«Ne crains plus,» lui disait l'humble fille chrétienne,
«Dieu ne veut pas briser le fragile roseau.
«Il envoie une sœur, pour que sa main soutienne
«Une moitié de ton fardeau.»
Et la veuve, attendrie à ces douces paroles,
Montrait du doigt son fils qui priait à genoux;
Puis elle dit: «C'est toi, mon Dieu, qui nous consoles,
«Ton ange descend parmi nous!»
Viens, mon enfant, près de ta mère,
Bénissons le Maître du ciel;
N'a-t-il pas, dans ta coupe amère,
Daigné répandre un peu de miel?
G. DE FÉLICE.