Garde-toi tant que tu vivras
De juger les gens sur leur mine.
LA FONTAINE.
LE LION MALADE ET LE RENARD
De par le roi des animaux,
Qui dans son antre était malade,
Fut fait savoir à ses vassaux
Que chaque espèce, en ambassade,
Envoyât gens le visiter,
Sous promesse de bien traiter
Les députés, eux et leur suite,
Foi de lion! très bien écrite:
Bon passeport contre la dent,
Contre la griffe tout autant.
L'édit du prince s'exécute:
De chaque espèce on lui députe.
Les renards gardant la maison,
Un d'eux en dit cette raison:
«Des pas empreints sur la poussière
Par ceux qui s'en vont faire au malade leur cour,
Tous, sans exception, regardent sa tanière;
Pas un ne marque le retour:
Cela nous met en méfiance.
Que Sa Majesté nous dispense:
Grand merci de son passeport.
Je le crois bon; mais dans cet antre
Je vois fort bien comme l'on entre,
Et ne vois pas comme on en sort.»
LA FONTAINE.
LE VILLAGEOIS ET LE FROMAGE
Un rustre en son buffet avais mis un fromage,
Lorsque par une fente il aperçoit un rat;
Vite, il y fait entrer son chat,
Afin d'empêcher le dommage:
Mais notre Mitis, aux aguets,
Mange le rat d'abord, et le fromage après.
LE BAILLY.