L'autre de terreur glacée,
Et tremblante au fond du nid,
De jeûner bientôt lassée,
En pleurant mangea son lit.

Vain secours, faible ressource.
Ah! que n'a-t-elle amassé
Tant de froment dispersé
Sans profit dans mainte course!

Dans son gîte elle pourrait
Du chat braver la menace.
Tant qu'enfin de cette place
L'appétit le chasserait.

Cependant l'âpre famine
Ronge, affaiblit la souris.
Pour échapper du logis,
Ouvrons, dit-elle, une mine.

Mais vit-on jamais quelqu'un
Travailler sans nourriture!
Hélas! la terre est si dure,
Quand l'estomac est à jeun!

Elle cesse, elle succombe
Et dit: Je n'ai plus d'espoir,
C'en est fait et dès ce soir,
Ma maison sera ma tombe.

Ah! plutôt sortons d'ici.
Puisqu'il faut que je périsse,
Pour abréger mon supplice,
Rendons-nous à l'ennemi.

Vers lui la pauvrette avance,
De l'œil encor l'implorant;
Le chat sur elle s'élance,
Et la croque en murmurant:

Du sage l'on compte en somme
Mille définitions,
Le sage pour moi c'est l'homme
Qui fait des provisions.

J.-J. PORCHAT.