—Je croyais qu'elle était de Renan?...
—Bérénice, si tu te moques, je ne t'aimerai plus... C'est là que j'ai composé la «Prière sous la Coupole» et je vais te la lire...
Et je murmurai:
—Prière que je fis sous la coupole quand je fus arrivé...
A la vérité, je n'avais aucun mérite à faire cette citation parodique. C'est par Marrès lui-même que je connaissais ce titre célèbre et je confesse que—comme tant de gens!—j'avais trop entendu parler de la Prière sur l'Acropole pour songer à la lire jamais.
Mais mon Maître, dont la bienveillance pour moi était écrasante, interpréta ma parole comme la manifestation du désir de ne pas entendre sa lecture.
—Je n'insisterai pas, me dit-il en dissimulant la peine que je venais peut-être de lui causer. Mais avant que tu ne me quittes aujourd'hui, et pour clore cet entretien, je veux protester devant toi contre cette sorte de déconsidération dont certains pamphlétaires, d'ailleurs méprisables, tentent de frapper ceux qui luttent comme moi sur ce que j'appellerai le front intérieur...
J'étais redevenue fort attentive. Et il poursuivit, comme s'approuvant lui-même:
—Oui, c'est bien cela: le front intérieur... dont l'Écho de Bordeaux m'a constitué en quelque sorte le généralissime. Penses-tu, Bérénice, que ce soit une mince affaire que de tenir en haleine nos troupes civiles et de les ravitailler moralement? Ignore-t-on que chaque jour Basson, Pichepin et d'autres poilus...