—Eh bien, mon ami Simon, qui s'y montrait rétif, a fini par fort bien comprendre l'indépendance nécessaire de l'acte et du propos...

—Il est à la guerre?

—Non!... D'ailleurs, que ferait Simon aux tranchées? Tel que je le connais, il serait mort au bout de trois mois...

—On peut toujours se faire tuer au bout du premier?

—Ah! Bérénice, voilà une belle parole! Tu ne t'en rends peut-être pas compte toi-même, mais c'est une belle, une noble parole! Et combien elle est vraie! Comme elle résume tout le patriotisme agissant qui doit être le nôtre. Il faudra...

—Quoi donc? Vous engager?...

—Il faudra... que je la mette dans un de mes prochains articles...

—Ah! ça c'est gentil!...

—Voyez-vous la petite vaniteuse! Comme elle est prompte à s'enorgueillir!... Mais tout doux, Bérénice. Cette parole qui est parfaite au point de vue relatif et que je ne saurais trop exalter comme précepte militaire, ne peut pas être prise comme règle générale et ne vaut rien appliquée à ce que j'appelle le régime de l'intérieur. Philosophiquement et matériellement, le trépas des héros ne prend sa signification que par rapport à ceux qui subsistent. La formule: «Je meurs pour ma patrie» n'existe qu'en fonction de cette autre: «Je demeure pour mon pays.» Ainsi s'explique et prend son sens supérieur la division des citoyens en combattants et non-combattants...

—Évidemment. Le tout est d'être du bon côté?