—Il n'y a rien, je vous assure. C'est-à-dire que… je puis bien vous l'avouer—c'est la fille d'un officier. Le père est mort et…
—Comment l'avez-vous connue?
—Oh! vous êtes trop curieuse! dit l'Embaumée, riant aux éclats. Faut-il que je vous montre son acte de naissance, aussi?
Mlle Berthe s'excusa:
—J'ai toujours été un peu… indiscrète. Vous ne m'en voulez pas?
—Mais non.
—C'est entendu. Amenez-moi votre amie, demain matin. Nous irons ensemble demander si Jabson a besoin d'ouvrières. J'ai une ancienne camarade qui est seconde dans l'atelier de Mme Mily, une english, Mme Mily, et drôle… Elle pourra nous aider.
Le lendemain, quand Simone et l'Embaumée heurtèrent à la porte de Mlle
Berthe, elles la trouvèrent en grande toilette.
Sous sa jaquette bleue à larges revers, un plastron de flanelle blanche tout unie formait un triangle lumineux sur la poitrine, évoquant des blancheurs de chair. Un grand chapeau de paille, en auréole, à la miss Helyett, laissait son front à découvert, presque nu, malgré les deux ou trois boucles de cheveux qui semblaient être des points d'interrogation peints sur ivoire à l'encre de Chine. Elle était chaussée de deux nœuds de ruban. Une légère broderie—point d'épine—courait sur le bas de sa jupe en cheviot.
Elle se déclara très heureuse d'obliger Mlle Simone et la félicita d'avoir mis une simple robe à fleurettes. «Inutile de se mettre comme pour aller chez le photographe quand on veut entrer dans un atelier.»