A son arrivée dans l'atelier de Mme Mily, la seconde, Maria, la fit asseoir près d'une «première», un ténor de la couture, une belle fille blonde, habile à étager des dentelles en coquilles sur les devants de corsage, à étaler des revers de satin, à échafauder des manches à «gigots».
—Vous voudrez bien surveiller votre nouvelle «associée», mademoiselle
Léonie.
Mlle Léonie approuva d'un mouvement de tête qui éparpilla ses frisons sur son nez. Elle continua à draper un corsage de surah sur le mannequin debout devant elle. Des épingles entre les lèvres, elle tiraillait l'étoffe de ses doigts fins, les sourcils froncés, les joues rouges.
Mme Mily cria de sa place:
—Ça ne va pas, ma petite Nini?
—Madame, je n'ai pas assez d'étoffe.
—Comment! pas assez d'étoffe! La manutention vous a livré tout ce qu'il fallait!
Des rires s'élevèrent d'un coin de l'atelier et Mlle Léonie dit, rageuse:
—Celles qui rient ne sont pas capables de le draper.
Mme Mily, conciliante: