—Je ne veux pas nous priver de fleurs… je ne fais que protester contre ton économie ainsi pratiquée. C'est une toute petite querelle.
—Alors… tu te moques de mon inexpérience. Ce n'est pas charitable.
—Achète le mimosa, je t'en prie.
—Je ne veux pas.
—Voilà qui n'est pas gentil. Une petite femme ne doit jamais dire au mari qu'elle aime: «Je ne veux pas.» C'est au mari à vouloir.
Ce fut leur première brouille à propos de fleurs, brouille vite fanée… Simone pardonna au «tyran». André consola la «victime». Ils pleurèrent un peu, s'embrassèrent beaucoup. Et la symbolique lune de miel brilla plus douce après le passage de ce nuage qui, crevant en pluie tiède et douce sur leur félicité lasse et un peu nerveuse, fit germer en eux un projet d'existence plus active.
II
Simone écrivit au fabricant de poupées:
«Me pardonnez-vous d'avoir assuré mon bonheur à l'encontre de votre volonté, bon papa? Vous aimez tant Simonette que vous ne pouvez haïr Simone.
«Après trois mois de campagne au Dahomey, mon fiancé est revenu en France, blessé. J'aide à sa guérison. J'ai travaillé comme la plus humble de vos ouvrières pour attendre le retour de celui que j'aime.