—Des devoirs! Tu m'aimes, je t'aime. Notre devoir est de nous aimer.

—Les jeunes gens pauvres n'épousent des héritières que dans les romans. M. Bamberg a épousé le million de M. Gosselet, voilà ce que dirait le monde.

—Le monde, nous ne lui demandons rien.

—Sans doute, mais le monde exige.

—De quel droit?

—On ne sait pas.

—Êtes-vous sûr, monsieur Bamberg, que vous n'épouserez pas le million de M. Gosselet en m'épousant? Oui, n'est-ce pas! Moi je sais bien que tu serais tout heureux de m'emporter bien loin, comme je suis vêtue, en mon costume de gymnastique! N'est-ce pas, mon aimé! Le monde n'existe pas hors de nous.

—Il existe si bien, mignonne, que tu as un brave homme de père qui me chasserait de sa maison le jour où je lui avouerais aimer sa fille. Nous vivrons notre vie séparés mais toujours l'un à l'autre. Les hommes ne pourront rien contre cet amour caché et les joies du sacrifice!

—Les joies du sacrifice!… mais je ne veux pas me sacrifier, moi!

—Nous ne pouvons cependant nous marier sans le bon vouloir de ton père.