Agnès pria Dieu d'accepter son sacrifice. Mystique, par conséquent illogique, elle offrit en véritable holocauste pour la réalisation des vœux de sa sœur une vie qui lui était odieuse.

Elle en fit la confidence à son confesseur qui se hâta d'informer sœur
Marie-Thérèse du miracle qui pouvait se produire.

Toute la communauté s'intéressa bientôt à la réussite de l'affaire.

Dès le lever, la pauvre sainte devait écouter les petits papotages égoïstes de ses compagnes:

—Comment avez-vous passé la nuit, Votre Douceur?

—Pas le moindre malaise, Votre Bonté!

—Jésus! il me semble que vos yeux brillent, fiévreux, Votre Piété.

Elle souriait, et tristement:

—Pas encore! Dieu ne m'a pas exaucée.

Enfin, l'été dernier, il y a quelque huit mois, la recluse sortit de sa cellule fatiguée, les membres mous, comme vidés et délicieusement alanguis.