Tandis que les domestiques enlèvent la table et les sièges devant l'estrade, et les emportent dans la coulisse par le fond, tous les joueurs se lèvent et s'effacent pour faire place à la reine qui entre par la seconde porte de gauche, et descend, suivie à deux pas de distance par le prince d'Aragon et le général Frœlich. La reine descend, saluée par tous, et s'arrête devant Floria qui lui fait une grande révérence, tandis que le prince d'Aragon remet un programme à la reine.

Marie-Caroline.—Bonjour, ma chère. Etes-vous en voix, ce soir?

Floria.—Je ferai en sorte que Votre Majesté ne soit pas trop mécontente de son humble servante.

Marie-Caroline.—Est-ce réussi, au moins, cette cantate?

Floria.—Je crois que Votre Majesté en sera satisfaite.

Marie-Caroline.—Paisiello a bien des sottises à se faire pardonner.

Paisiello, à droite, à l'écart, reste très humble sous les regards tournés vers lui.

Floria.—Je puis assurer à Votre Majesté qu'il est encore plus repentant que coupable.

Marie-Caroline.—Bon, ma chère, ne parlez pas; mais chantez pour lui; cela suffira peut-être. (Elle se détourne. Paisiello remonte, enchanté. La reine, à Attavanti.) Bonsoir, marquis!... (Apercevant Scarpia.) Ah! C'est toi, Scarpia!... (Elle descend un peu, et se trouve isolée avec lui, à l'avant-scène; les autres se retirent par discrétion.) Eh bien, quelles nouvelles d'Angelotti?

Le prince d'Aragon et Trivulce, à droite, avec la Tosca.