GASTON, descendant.
Et tu as tort, mordieu! Écrase-moi donc d'injures et de mépris. Dis-moi donc que c'est honteux et révoltant, qu'on n'embrasse pas une femme de chambre, et surtout ici où... (S'arrêtant.) Il ne me manque plus que de crier encore cela par dessus les toits!
ROLAND, railleur.
Dis-donc, mon pitchoun!... il me semble que les noix morales et les pommes sentimentales ne te réussissent guère mieux qu'à moi.—Ces petits vices n'ont pas maigri, cher enfant; ils se portent même assez bien, les gaillards!—Papa Ferragus avait donc raison!... Nous ne pouvons donc pas venir à bout de réformer ces bonnes petites habitudes!...
GASTON, versant de l'eau dans le verre qui est sur le chiffonnier.
Ah! réformer!... Réformer quoi? Mon cerveau intelligent pour le mal, stupide pour le bien; mes nerfs qui me chantent toute la journée l'infernale symphonie des vices; mon sang qui bouillonne à toute pensée mauvaise et se glace à tout élan généreux! Ne plus penser ce que je pense, ne plus être ce que je suis! (Éclatant de rire et se versant de l'eau dans le verre.) Imbéciles!... avec leur liberté humaine!... Je suis peut-être libre aussi de ne pas avoir soif!... (Il boit.)
ROLAND.
Prends garde! c'est de l'eau!
GASTON.
Si je pouvais m'y faire!... (Il boit.) C'est atroce!